La robustesse du vivant : quand le vivant inspire l’entreprise

Olivier Hamant · Chaîne YouTube rivaje · 1 h 02 min ·
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En une phrase : une heure claire et concrète pour comprendre pourquoi, dans un monde qui fluctue sans cesse, il vaut mieux être robuste que performant, et ce que cela change pour une entreprise.
Les idées à retenir
- Le monde devient fluctuant (vers 16:55). Les crises ne sont plus des exceptions mais la norme, et elles se cumulent : climat, social, géopolitique. On parle de « polycrise ».
- La performance nous enferme (vers 23:15). La performance, c’est atteindre son objectif avec le moins de moyens possible. Elle rétrécit notre regard, par exemple quand tout est ramené à un indicateur. Cela fonctionne dans un monde stable et riche en ressources, mais devient une impasse quand tout change.
- Le vivant est sous-optimal, et c’est sa force (vers 27:40). La photosynthèse n’utilise qu’environ 1 % de l’énergie solaire. Si elle en captait davantage, la plante brûlerait au premier rayon de soleil trop fort. Garder des marges, c’est ce qui permet d’encaisser les fluctuations.
- Les maillons faibles créent la coopération (vers 32:50). Dans le vivant, une faiblesse attire des partenaires au lieu d’être écartée. Exemple : la symbiose entre l’arbre et le champignon. Le vivant remplace l’abondance matérielle par l’abondance des interactions.
- La robustesse dans l’entreprise (vers 38:15), en deux exercices :
- un audit interne des « contre-performances » utiles : la pause café, les stocks, les machines qui ne tournent pas à 100 %, la polyvalence des collaborateurs ;
- des tests de fluctuation : que se passe-t-il si le pétrole coûte 30 % plus cher, ou si une inondation arrête mon usine pendant 9 mois ?
- Questionner la question (vers 49:25). C’est la première étape de sa méthode. On apporte souvent la meilleure réponse à la mauvaise question. Exemple : un « problème de recrutement » qui s’avère être un problème de sentiment d’appartenance.
- La robustesse avant la résilience (vers 55:15). La résilience peut devenir une injonction à tomber pour se relever. Or on n’entend que ceux qui se sont relevés. La robustesse consiste d’abord à ne pas tomber.
Mon commentaire
Questionner la question
L’idée qui m’a le plus parlé dans cette conférence est aussi la plus simple : avant de chercher une réponse, vérifier qu’on s’est posé la bonne question. Olivier Hamant cite des entrepreneurs qui pensaient avoir un problème de recrutement, et découvrent en creusant qu’il s’agit d’un problème de sentiment d’appartenance. Les deux problèmes n’appellent pas du tout les mêmes réponses.
C’est au cœur de mon métier. Face à une équipe qui dit « on n’a pas assez de monde » ou « il nous faut un nouvel outil », mon rôle n’est pas d’apporter la solution, mais d’aider à reformuler le problème. Bien souvent, la vraie question est ailleurs.
C’est aussi ce que la Fresque de la Robustesse fait vivre concrètement. Chaque participant arrive avec sa propre question, tirée de son organisation ou de sa vie. Tout au long de l’atelier, cette question est retravaillée, en particulier dans une étape qui porte justement ce nom : « Questionnons la question ». À la fin de la fresque, la question a souvent évolué : elle s’est précisée, parfois déplacée. C’est pour certaines personnes le résultat le plus précieux de la fresque.
La polyvalence, une robustesse d’équipe
Olivier Hamant fait l’éloge de la polyvalence : un collaborateur polyvalent peut remplacer un collègue absent, apprendre, s’adapter. Dans le monde de la performance, on préfère l’hyperspécialisation, qui est efficace tant que rien ne bouge et fragile dès que quelque chose change.
En tant que Scrum Master, je retrouve là l’idée des équipes pluridisciplinaires et des profils « en T » : une vraie expertise, mais aussi la capacité et l’envie de sortir de son couloir pour aider les autres. Une équipe où une seule personne maîtrise un sujet critique est performante, jusqu’au jour où cette personne est absente. Une équipe où les compétences se recouvrent un peu va parfois moins vite, mais elle tient. C’est une forme de sous-optimalité choisie, exactement comme la photosynthèse qui garde de la marge.
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