« On a perdu le contrôle ! » Survivre à l’effondrement grâce à la robustesse

Olivier Hamant · Entretien pour la YouTube chaîne Élucid · 1 h 25 min ·
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En une phrase : Olivier Hamant montre pourquoi, dans un monde de plus en plus fluctuant, il faut remettre la performance au second plan et construire d’abord la robustesse, comme le fait le vivant.
Les idées à retenir
- Optimiser fragilise. Un système réglé pour la performance maximale casse au premier choc. La performance est un état passager, utile en situation de crise, pas un mode de fonctionnement permanent.
- La robustesse se construit avec des marges : redondances, diversité, lenteurs, plans de secours. Ce qui ressemble à de l’inefficacité est en fait ce qui permet de tenir dans les fluctuations.
- Le problème est d’abord culturel. Ni croissance verte ni simple décroissance : il s’agit de sortir de l’idée que la performance est toujours positive, en s’appuyant sur la coopération et sur des collectifs divers.
Mon commentaire
Deux points me parlent plus dans cette vidéo:
- La loi de Goodhart et les KPI (vers 15:45) : « quand une mesure devient une cible, elle cesse d’être fiable ». C’est la raison pour laquelle, depuis plusieurs années déjà, j’insiste sur le fait que les KPIs soient pris comme des valeurs indicatives et pas des objectifs en soi.
Un exemple tiré de mon expérience personnelle: La vélocité en Scrum : le management décide de suivre la vélocité des équipes, en ‘Story Points’, pour mesurer leur productivité, et fixe un objectif de progression. Résultat possible : les estimations gonflent. Une story à 3 points passe à 5, puis à 8. La vélocité augmente sur le papier, alors que l’équipe ne livre pas davantage. La vélocité, outil de prévision utile à l’équipe, a perdu toute valeur dès qu’elle est devenue une cible. Au passage, la confiance entre l’équipe et le management se dégrade. - La posture du facilitateur (vers 1:07), qu’Olivier Hamant emprunte à Charles Pépin : le décideur coopératif dit « J’ai envie, je ne sais pas comment faire ». C’est une posture basse qui crée un terrain d’émergence.
Je m’y reconnais dans ma posture de « compagnon de route, pas prescripteur ». C’est pour moi le meilleur moyen d’engager les équipes pour les aider à devenir de vraies équipes : solidaires, engagées, capables de s’organiser et d’apprendre par elles-mêmes.
Le lien ouvre la vidéo sur le site de son hébergeur (YouTube, Vimeo…).
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